L'arrivée de Numéro un

Jeudi 30 août 2007

accouchement prévu le 14 septembre, dernier rendez-vous pour voir comment se présente les choses :

"- Installez vous, nous allons regarder."

les docteurs en founologie ont cette particularité qu' ils voient avec le bout de leur doigt. après un tâtage de mon col de l' utérus (col de l' utérus qui s' est fait moulte tâter depuis neuf mois) je vois le visage de ma foufounologue s' éclaircir, ho mais vous ne passerai pas le week-end... zut, moi qui avait prévu de manger un big-mac ce soir... jusqu' à minuit j' ai senti que dans mon bas ventre se préparait le miracle j' étais loin de me douter de la suite.

Vendredi 31 aout 5 heures du matin.

Je suis réveillée par des douleurs et là je réalise que je ne verrai pas ncis ce soir. départ pour la maternité 9heures du matin, mon homme au volant, 120 km/h entre les contractions et 10 km/h pendant. moi 120 "la salope"/minute pendant les contractions. arrivés à la maternité on va bien où on nous a expliqué et là commence le long chemin qui me mènera à la naissance de mon fils.

"-bonjour Madame, je viens pour accoucher, j' ai des contractions toutes les cinq minutes, alors c' est quand que c' est fini s' il vous plait? "

"-on va regarder (tiens les sages femmes aussi ont des zieux au bout des doigts). Vous êtes dilatée a un"

"-QUOI ?!? CA FAIT CINQ HEURES QUE je galère ET J' EN SUIS A UN !!! vous avez les doigts de big foot ou quoi, REMESUREZ !!!

bon ben, on va vous mettre dans une chambre le temps pour vous de vous dilatez. Alors me voilà dans les couloirs de la maternité avec des contractions toutes les trois minutes des trucs qui te font plier en deux, t' accroupir, te taper la tête contre les murs, je ne savais même pas que je pouvais supporter ça et y faut que je dilate. alors, je dis late... late... late .... late.... ho lala ça marche pas.

une fois dans la chambre mon homme me laisse pour chercher la valise où y' a tout dedans et c' est à ce moment là que tout s' accélère. d' un coup je sens que je m' inonde, aîe, voilà les eaux, je les ai perdues, elles seront pas difficile a retrouver elles sont au milieu du lit. je sonne et j' attends, j' attends, j' attends... mon homme revient... on attend, on attend... j' ai, bien sur, des contractions régulières, douloureuses et incroyablement répétitives. enfin on vient me chercher, pour me remettre dans la salle de travail que j' ai quitté il y une heure. la salle de travail n' est pas un lieu sympathique où l' on a envie de prendre le thé. je suis branchée, piqurée, monitorisée, bref, accouchatore la femme de terminator. ça fait déjà un moment que nous sommes là et dans la chambre d' à coté on entend les cris d' un nouveau né, tordu par la douleur j' aimerais qu' on fasse taire le moufflet, y' a des gens qui souffre ici, . je pense avoir atteint la limite physique de ce que je peux endurer, je voudrais que tout s' arrête, je préférerais être la bassine que j' ai sous le menton. mon homme lui, pâle, blanc, transparent teneur de cuvette et soutien moral précieux commence a manquer de patience. il est 13 heures et le petit doigt de la sage femme lui dit qu' il est temps d' appeler l' anesthésiste. alors on attend, on attend, on attend...

14 heures. la porte s' ouvre sur la doctoresse en endormissage. elle ressemble a cruella et moi a bambi. j' ai peur.

"-j'ai mangé quatre poussins et bibi phoque ce matin, sortez monsieur je vais découper votre femme avant de la dévorer, voui la grande aiguille que vous voyez là je vais l' enfoncer dans votre dos vous ne sentirez rien mais ça fait extremement mal !" qu' elle m' a dit. (je pense que la douleur troublait mes pensées).


-"On y va !!!" qu'elle me dit."

-"Où qu'on va ? faut attendre j' ai une contraction qui arrive "

-"on va en profiter allé on se courbe, on se courbe, on se courbe, c' est pas en faisant comme ça qu' on va y arriver ! on se courbe... "

je me pensais dans ma tête, je peux plus me courber ! Elle est aveugle ou quoi, C' est physiquement impossible, je ne suis pas coperfield, j' ai un pneu de tracteur sous les nichons et même avant d' avoir avalé mon pneu je ne pouvais pas me coller le menton sur les genoux, elle est folle ou quoi. si je me courbe plus je meurs"

"-allé, pas bouger, j' ai dit pas bouger!"

"-mais groche chalope che peu pu rechpirer là..."

c' est la que j' ai senti le truc, le piquage entre les vertèbres ...et j' ai respiré pour survivre "ha ben voilà ; elle a bougé, obligé de recommencer" ha putain une contraction... ha putain elle va repiquer...

"- allé on y retourne"

"-Où qu' on retourne ? j' en ai marre, moi je vais nulle part, elle a qu' a y aller toute seule ! et rebelotte je sens son aiguille et la voilà qui recommence " on se courbe on se courbe" si elle me dit encore une fois de me courber je lui enfonce son aiguille dans le cul !"

soudainement le doux venin coule dans mon corps, mes jambes deviennent coton les contractions se font légères, je plane... ha dis don, de la haut je vois cruella, elle a l' air sympa !... Tiens voila mon homme qui arrive ho il flotte, bonjour mon chéri, si tu savais comme je suis bien, j' ai une dalle....on se fait un rumikube... tu vas bien toi ?

les heures qui ont suivies ont été très calmes, jusqu'a ce qu'elles ouvrent la porte ; elles étaient 5, comme les spices girls, nous allons faire sortir ce bébé qu'il le veuille ou non. l' interne qui était là m' a demandé si ça me dérangeait qu' elle m' accouche, la seule chose qui aurait pu me déranger c' est qu' elle ne m' accouche pas. les spices girls se sont mises en place pour la chorégraphie et je me suis dis chouette, elles vont le sortir toutes seules et ben je me trompais en fait elles étaient surtout là pour éponger le sang, et m' encourager, on se serait cru au stade vélodrome. "qui pousse pas n' est pas marseillais ! qui pousse pas n' est pas marseillais !". poussez, poussez, poussez, poussez pu, respirez, poussez, stop, stop, stop, et ....POUSSEZ............................... ça y eeeeeeeest.............



vendredi 31 août 2007 17h49



j' ai senti glisser contre mon ventre une petite chose toute humide, toute tremblante, terrifiée, épuisée par le chemin parcouru et lorsqu' il a crié j' ai su que jusqu'au dernier de mes jours je lui appartenais.

1 commentaire:

  1. Cet article est de loin mon préféré. Depuis presque trois ans je ne me lasse de relire ce récit parfaitement décrit, on traverse plusieurs étapes, on passe du rire aux larmes, enfin pour les larmes c'est juste après 17h49. J'adoreeeeeeeeee
    GG

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